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Manières de voir

Capitalisme footballistique, universalisme européen et résistance africaine : Jeux et enjeux autour de la Can

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La Coupe d’Afrique des Nations (Can) a débuté au Cameroun le 9 janvier 2022, mais plusieurs Africains, stupéfaits, avaient pris connaissance des contorsions verbales du président de la Fifa, des manœuvres de « l’European Club Association » (L’Eca) et des déclarations de certains entraîneurs européens sur la Coupe d’Afrique des Nations (Can). Tout ce beau monde souhaitait ajourner le plus grand rendez-vous africain de football ou l’annuler pure et simplement. Qu’est-ce qui se jouait ou se rejou dans cette téléréalité de mauvais goût où le dindon de la face est une fois de plus un continent de 54 Etats souverains ? Quels sont les ressorts historiques, c’est-à-dire les fondements structurels de ce que les uns et les autres disent sur l’Afrique à travers la Can ? Comment l’Afrique peut-elle une fois pour toutes sortir d’une extraversion négative par rapport à l’eurocentrisme afin de devenir le centre authentique de son football ?

Mise à jour le Vendredi, 25 Mars 2022 06:35

Diaspora camerounaise : une analytique des marches du 3 juillet à Paris et 17 juillet 2021 à Genève

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Les critères de réussite d’une manifestation publique sont disparates et subjectifs. Ils ne font jamais l’unanimité et dépendent très souvent de l’appréciation des organisateurs, de l’État ou des médias. Le cas des mobilisations syndicales en France est révélateur de cet état de fait au sens où, lors de la rentrée sociale, les chiffres des syndicats sont toujours plus élevés que ceux des forces de l’ordre ou des organisations gouvernementales. Comme le chiffre du chômage, le chiffre attestant du niveau de fréquentation d’une manifestation publique est aussi un chiffre politique qui fait l’objet de politique et de manipulation. Chacun tire la couverture de son côté pour, suivant ses intérêts, minimiser ou maximiser le succès de la mobilisation. Il en est de même de la cause défendue et/ou des travers dénoncés. Concernant de nombreux activistes et les organisations de même nature, les critères de réussite d’une action publique sont parfois discrétionnaires et surprenants. Un activiste ou une organisation d’activistes considère parfois que son action est une réussite dès que l’action a eu lieu avec ou sans public.

Mise à jour le Mardi, 11 Janvier 2022 07:24

Covidgate et sextape au Cameroun : soubresauts d’une trentenaire (dé)civilisation des mœurs

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L’erreur majeure à ne surtout pas commettre, mais que commettent pourtant plusieurs d’entre nous, est d’être des génies de surface en pinaillant et en glosant jours et nuits sur des phénomènes qui, respectivement sont des faits conjoncturels (covid-gate) et des faits évènementiels (sextape) en oubliant leur structure de fond à savoir la dynamique de long terme de (dé)civilisation trentenaire des mœurs enclenchée au sein de la société camerounaise au lendemain de la prise de pouvoir par le Renouveau national. C’est cette dynamique structurale et structurelle qu’il faut saisir et mettre en exergue si on veut être utile au pays. C’est à travers cette tendance lourde de fond qu’on peut comprendre à la fois les ressorts souterrains et les effluves sociopolitiques et éthiques des faits conjoncturels (covidgate) et évènementiels (sextape) au cœur de l’air du temps qui nous baigne depuis quelques semaines. À quel moment s’est fait le basculement du Cameroun dans la (dé)civilisation des mœurs ? Quelles sont les principales figures de celle-ci de 1982 à 2018 ? Quels en sont les nouvelles formes depuis la dernière élection présidentielle

Mise à jour le Mardi, 20 Juillet 2021 08:52

Coup d’éclat de la Cour constitutionnelle malienne : l’institution judiciaire est-elle encore au service de la démocratie ?

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La justice, c’est la valeur suprême, parce que, comme le disait Théognis à la fin du VIè siècle avant notre ère, « La justice renferme toute vertu ». Mais il y a la Justice avec grand « J » : elle transcende celle des hommes, se confond avec l’idéal pour les philosophes, et pour les croyants s’assimile à la justice divine. La justice avec petit « j », celle des hommes, est toute relative : elle est généralement ondoyante et diverse, dépendamment des époques, des lieux, des systèmes politiques. Bien sûr ici et là, elle s’efforce d’être plus ou moins impartiale, intègre, indépendante, et dans les meilleurs contextes, de s’élever pour se rapprocher de l’idéal.
En démocratie, la justice est instituée pour être la clé de voûte de tout le système. Pour cela, comme les autres institutions démocratiques, elle doit être légitime, c’est-à-dire émaner du peuple. En démocratie, elle se confond avec le droit, parce que le droit y est également l’émanation de la volonté du peuple à travers ses représentants élus, et sa légitimité

Mise à jour le Vendredi, 02 Juillet 2021 09:31

Les fruits amers de la longévité au pouvoir

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Le pouvoir politique, l’Etat et la démocratie ont été inventés par les hommes pour assurer le bien commun du peuple, et non pour mesurer la capacité d’un gouvernant à durer au pouvoir
Accéder au pouvoir et s’y maintenir aussi longtemps que possible, par tous les moyens est une tendance qui a été observée en Afrique subsaharienne depuis les indépendances, et jusqu’au début des années 1990, à l’exception du Sénégal où Léopold Sedar Senghor a quitté ses fonctions de Président de la République, et du Cameroun où le Président Ahmadou Ahidjo a démissionné des siennes en 1982. La longévité au pouvoir n’est qu’une des conséquences de l’accaparement du pouvoir d’Etat et des ressources publiques par un gouvernant- chef d’Etat que nous avons défini ailleurs (Journal la Nouvelle Expression du 10 au 13 juin 1994) sous le néologisme de «pouvoiro-affairisme » comme « volonté politique farouche de conquérir et de conserver le pouvoir, par tous les moyens, et contre vent et marées, au besoin en violant toutes les règles positives de conduite sociale que l'humanité s ’est données

Mise à jour le Dimanche, 16 Janvier 2022 08:21

Archaïsme et ambiguïté de l’ethnie à l’origine du retard d’entrée dans la modernité de l’Afrique noire

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L’ethnie (ou la tribu) occupe une place dramatiquement conflictogène qui ne peut laisser indifférent tout Africain soucieux d’un avenir mieux loti qu’aujourd’hui, pour l’Etat africain postcolonial. Il n’y a pas un seul État subsaharien qui ne connaisse de conflits ethniques dont certains constituent de véritables drames humanitaires. Le professeur burundais Melchior Mbonimpa dans son livre de 1994, constate à cet égard :
« Il y a des tribus en Afrique. Il faut en tenir compte, ou mieux il faut compter avec elles. On ne peut démocratiser en faisant comme si la libre compétition des partis politiques rendait automatiquement caduc le conflit des tribus... Dans l’Afrique actuelle "la société sans tribus" n ’est qu ’une illusion de ceux qui sont fascinés par les raccourcis et pressés de jouir... Car le refoulement hystérique... qui pousse à ignorer ce qui crève les yeux (que la tribu est plus vivante que jamais, pour le meilleur et pour le pire), ne peut aboutir qu'au désastre» (1)
Une abondante littérature a été écrite sur l’ethnie en Afrique Noire postcoloniale sans pour autant

Mise à jour le Lundi, 24 Mai 2021 09:42

Biyaïsme sans Biya au sein du MRC : Les conséquences politiques de survie Cameroon

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La dualité politique ambiante au Cameroun est appauvrissante pour la pensée politique et sociologiquement malsaine pour l’esprit critique. Elle joue sur les esprits comme un chape de plomb qui oblige à être pour Biya ou pour Kamto. Ceux qui se déclarent pro-Biya et ceux qui se réclament pro-Kamto pensent alors être les plus courageux des Camerounais. Ils disent assumer publiquement leurs positions et pensent renoncer à ce qu’ils nomment « la lâcheté de la neutralité ». S’ils ont le droit d’avoir un champion et de le suivre les yeux fermés, il est important de rappeler qu’ils ne peuvent être plus courageux que celui qui choisit la neutralité. Celui-là n’est protégé par aucune figure éponyme qui lui sert de bouclier : les pro-Kamto s’abritent derrière le système-Kamto quand les pro-Biya s’abritent derrière le système-Biya. Le courageux est moins celui qui a un bouclier que celui qui critique ces deux figures politiques sans base arrière, sans lieu de retraite. Qui plus est, la critique, celle qui se veut objective parce que sans limites, celle qui n’a autre

Mise à jour le Vendredi, 15 Juillet 2022 11:03

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